(Easybourse.com) Sanofi-Aventis a fait depuis la Chine une double annonce : le groupe veut au moins doubler la part des médicaments issus de la biotechnologie dans son portefeuille d’ici à 2012, d’après Marc Cluzel, directeur de la recherche et du développement du français. Et s’implanter plus avant en Chine, essentiellement pour réaliser des économies, ainsi que pour développer ses parts de marché, encore modestes.
Première nouvelle : le groupe veut augmenter la part des biotechs dans son activité : «D'ici à 2011-2012, nous souhaitons monter à hauteur d'à peu près 20-30% (de produits biotech dans notre portefeuille de produits global, NDLR), contre environ 10% aujourd'hui», a déclaré M. Cluzel, le patron de la recherche chez Sanofi-Aventis, lors d'une rencontre avec des journalistes à Shanghai.
Quelques heures après l’accord conclu avec la société américaine de biotechnologies Regeneron. le directeur de la recherche n’a pas exclu d’autres acquisitions : «s'il y a une bonne affaire à réaliser, nous la ferons», insistant que le fait que «nous sommes toujours très pragmatiques»
Le français veut travailler plus et vendre plus en Chine
Il possède déjà trois usines de production et un centre de R&D. Il déclare que «nous comptons être de plus en plus présents en Chine» et espère y réaliser 10% de ses essais cliniques d’ici à 2010. Cet espoir ferait de ce pays le quatrième pôle de recherche du groupe derrière l’Europe, les Etats-Unis et le Japon.
Pourquoi ? Pour la qualité et la rapidité d’exécution des essais, liée au volontarisme du gouvernement chinois, ainsi que pour l’immense réservoir de patients que constitue la population chinoise.
Une simple question de coûts ? Sanofi prend ses précautions et prétend que «le coût n'est que le troisième facteur» prétendant que «par rapport à la France, la Chine est actuellement environ deux ou trois fois moins chère, mais elle se rattrape assez vite». Certains analystes chiffrent, eux, à 6,5 millions de dollars (4,42 millions d'euros) le coût de la recherche et du développement d'un médicament en Chine, contre plus de 800 millions (544,2 millions d'euros) aux Etats-Unis.
Au niveau des modalités de sa présence, il souhaite «collaborer» avec des instituts chinois plutôt que d’implanter ses sites 100% Sanofi-Aventis. «Nous n'avons pas envie de créer un autre centre (...) Nous préférons prendre en compte la spécificité culturelle en privilégiant la collaboration: ils nous amènent l'innovation en science fondamentale, nous leur apportons l'expertise en développement», a-t-il expliqué.
Sanofi Aventis cherche également à se rapprocher d’un marché qui reste mineur pour le «pharmacien» : 200 millions d'euros sur 28 milliards de chiffre d'affaires mondial, mais un marché en plein boom. Le groupe français revendique une part de 1,5% d'un marché pharmaceutique chinois en pleine expansion.
Le marché réagit positivement à cette double annonce en faisant tourner la tête au titre, qui prend 2,92% à 64,88 euros.
Laure Gaillard
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